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Le “Mindful Eating” ou comment manger différemment

Confinements successifs, changement d’alimentation, prise de poids : notre façon de manger a été bouleversée ces derniers mois. Pour retrouver un équilibre alimentaire, les programmes de mindful eating proposent d’aborder autrement notre alimentation. 
 

Revenons tout d’abord à l’origine du phénomène. 

En 2021, presque un quart des français* se disent incapables de se passer de leur smartphone. Les confinements successifs ont confirmé cette tendance… Alors pour y remédier, certains ont vu dans les applications de développement personnel une opportunité à prendre au sérieux à l’instar de l’application de méditation “Petit Bambou”, qui a atteint le record de 8 millions d’utilisateurs cet été en Europe. 

Si les pratiques de méditation en pleine conscience connaissent un certain succès, c’est parce qu’elles sont bénéfiques à divers types d'addictions. Jeux d’argent, drogues mais également nourriture, elles permettent de se recentrer sur soi et de s’écouter. TheFork a cherché à en savoir plus à propos des programmes de mindful eating qui permettent de s’auto-réguler quant à notre consommation de nourriture.

 

Reconnecter notre corps avec notre esprit… notre estomac avec notre cerveau

Apparu aux Etats-Unis, le mindful eating pourrait se résumer en une phrase : manger juste pour mieux se porter. Contrairement aux régimes restrictifs, le mindful eating est une philosophie de vie et ses bienfaits se ressentent aussi bien au niveau physique que psychologique. Comme on dit souvent, l’estomac est notre deuxième  cerveau… Cette philosophie associant bon sens et plaisir consiste à écouter notre corps, notre esprit et nos envies véritables. “Manger en pleine conscience” c’est, en d’autres termes, savoir nous écouter et ne pas manger pour d’autres raisons que celle d’une faim authentique. Manger sainement, bannir toute consommation de nourriture qui serait dictée par nos émotions, s’arrêter quand notre corps nous dit qu’il est rassasié, manger à des heures précises et non pas dès que l’on a faim, manger dans un cadre, à table et se concentrer sur son assiette plutôt que sur son smartphone ou sa télévision : tels sont les principaux aspects du mindful eating. Et pour appliquer ces règles de façon naturelle sans que cela soit perçu comme une contrainte, il est nécessaire de maintenir une connexion réelle entre le corps et l’esprit au moment des repas.

 

Concrètement, en quoi ça consiste ?

D’après Valérie Chatel, sophrologue, psychothérapeute et instructrice de la pleine conscience nous avons neuf types de faim. La faim des yeux liée à des plats colorés et appétissants, la faim des oreilles lorsque l’on nous parle d’un restaurant ou à l’écoute d’un bruit lié à la consommation d’un aliment (des chips qui craquent sous la dent par exemple), la faim du toucher (une baguette chaude juste sortie du four), la faim de la bouche qui nous amène à nous resservir alors qu’en réalité nous avons suffisamment mangé, simplement parce que nous n’étions pas présent lorsque nous mangions. Il y a également la faim de l’esprit qui nous vient des injonctions sociales qui nous sont faites : manger à midi, finir son assiette, accepter ce qu’on nous offre, être poli et manger de tout. La faim du cœur est liée à des souvenirs, des émotions qui surgissent à travers un aliment ou un plat de notre enfance par exemple. Cette fin du cœur consiste en réalité à manger nos émotions : de la glace devant un film, du chocolat lorsqu’on a un coup de blues, ou quelque aliment lorsque l’on s’ennuie. La faim des cellules est liée à des besoins physiologiques que nous ressentons par exemple après le sport ou lorsque nous sommes malades. Enfin, la faim du ventre, qui est en général mal interprétée dans la mesure où le sentiment de satiété véritable est difficile à identifier. 

La méditation, fil rouge du mindful eating

Par la méditation, le mindful eating permet de prendre la mesure de ce que nous faisons au moment où nous le faisons. En revenant dans l’instant présent et en lâchant prise, nous nous écoutons à nouveau ce qui nous permet de ressentir notre corps et nos envies. Se concentrer sur chaque bouchée, respirer, prendre le temps de mâcher, écouter les bruits que tel ou tel aliment provoque lorsqu’il est sous la dent : ces réflexes nous font nous ancrer dans l’instant présent. De la même façon, poser nos couverts lorsque nous mâchons une bouchée, ne pas préparer la suivante tant que nous n’avons pas avalé la précédente, discuter avec nos voisins lorsque nos couverts sont posés sur la table et à l’inverse, se concentrer sur ce que l’on mange lorsqu’on les a entre les mains. Nous sommes sur-sollicités par la nourriture, il est indispensable d’apprendre à composer, regarder et savourer son assiette.

 

Et le régime dans tout ça ?

À la différence d’un régime restrictif, l’alimentation en pleine conscience permet de manger tout ce que l’on aime, sans restriction à condition de manger en conscience, naturellement, en prenant le temps et dans une quantité adaptée à nos besoins. En rééquilibrant notre alimentation, en réduisant les quantités, en étant moins stressé.e.s, le mindful eating permet de perdre des kilos superflus. A terme, il facilite la reconnaissance des signaux de faim et de satiété qui sont souvent confondus avec ceux de l’angoisse : crampes dans l’estomac, fourmillements, fatigue cérébrale... Manger n’est plus un réflexe ou un automatisme mais bien une action consciente qui apporte de la satisfaction et permet de renouer avec les aliments. 

 

Alors, on essaye ? 

 

*Sondage Toluna mené auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes du 28 au 30 janvier 2019.